Langue des signes québécoise langue seconde (2021)

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Le programme-cadre de langue des signes québécoise langue seconde du curriculum de l’Ontario est destiné aux écoles secondaires de langue française. À compter de septembre 2021, le cours de langue des signes québécoise langue seconde offert dans les écoles secondaires sera fondé sur les attentes et les contenus d’apprentissage énoncés dans ce programme-cadre.

Considérations concernant la planification du programme-cadre de langue des signes québécoise langue seconde

Le personnel enseignant doit planifier le programme de langue des signes québécoise en tenant compte de certaines considérations, notamment celles qui sont présentées ci-après. Des renseignements importants sur des sujets telles l’éducation environnementale, la place des technologies, la santé et la sécurité et la planification des cours destinés aux élèves en difficulté sont offerts sous l’onglet Planification.

En langue des signes québécoise, l’enseignement devrait non seulement aider les élèves à acquérir les connaissances, les compétences et les habiletés dont elles et ils ont besoin pour satisfaire aux attentes du programme-cadre, mais également renforcer leur disposition à apprendre de nouvelles langues, signées ou orales, et à explorer les cultures du monde, y compris la culture Sourde, tout au long de leur vie. L’enseignement est efficace s’il contribue à motiver les élèves à cultiver chez eux des qualités de l’esprit et des attitudes positives, à commencer par la curiosité et l’ouverture d’esprit, la volonté de réfléchir, de poser des questions, de remettre en cause et d’accepter d’être mis en cause, de même que la reconnaissance de la valeur de l’écoute active, de la lecture attentive et de la clarté en communication. Pour être efficace, l’enseignement doit être fondé sur la conviction que tous les élèves peuvent réussir et que les apprentissages réalisés en langue des signes québécoise sont utiles et importants pour tous les élèves.

Dans l’intérêt des élèves, on recommande au personnel enseignant de planifier l’apprentissage et donner le cours de langue des signes québécoise selon une approche thématique. L’enseignante ou l’enseignant devrait prévoir un enseignement renforcé de la langue et développer un programme dont le contenu présente un grand intérêt de sorte que chaque élève acquière et consolide ses compétences linguistiques tout en améliorant ses aptitudes interculturelles, notamment sa connaissance et sa compréhension de la culture Sourde. Le personnel enseignant doit aussi veiller à ce que les éléments, les structures et les conventions linguistiques soient enseignés et mis en application en contexte et non de manière isolée.

Le programme-cadre de langue des signes québécoise repose sur le principe que tous les élèves peuvent réussir à apprendre une langue des signes. Un enseignement de haute qualité est l’une des clés de la réussite des élèves dans l’acquisition de compétences linguistiques et d’aptitudes interculturelles. Aucune approche didactique ne pouvant à elle seule répondre aux besoins de tous les apprenantes et les apprenants, le personnel enseignant doit différencier les activités en fonction des besoins de chaque élève, en s’appuyant sur des théories pédagogiques éprouvées et des pratiques exemplaires. Le programme de langue des signes québécoise propose aux élèves de vivre des expériences enrichissantes, stimulantes et pertinentes. Encore faut-il que le personnel enseignant les aide à établir des liens entre ces savoirs, leurs propres expériences et le monde des Sourdes et des Sourds.

L’enseignante ou l’enseignant devrait garder à l’esprit le caractère unique de l’expérience d’apprentissage de chaque élève et que chaque apprenante et apprenant a besoin d’occasions fréquentes de percevoir, de s’exprimer, de pratiquer et d’interagir en langue des signes. Tous les élèves ont également besoin de communiquer et de discuter régulièrement avec leur enseignante ou enseignant, de même qu’elles et ils ont besoin d’interagir avec leurs camarades en s’adonnant à une diversité d’activités comme des échanges virtuels et en personne, des travaux d’équipe, des cercles de discussion, des activités de tutorat par les pairs et des activités communautaires. La rétroaction que chaque élève reçoit de son enseignante ou enseignant et de ses camarades doit être à la fois pertinente, actuelle, respectueuse et constructive. Il faut allouer à l’élève suffisamment de temps pour répondre à une question, exprimer une idée ou formuler un énoncé en langue des signes québécoise. En situation de communication signée, l’enseignante ou l’enseignant doit d’abord se concentrer sur la communication puis répondre au message que l’élève essaie de communiquer; ce n’est que par la suite qu’elle ou il reformulera au besoin le message de l’élève. Il faut absolument garder à l’esprit qu’il est normal pour l’apprenante ou l’apprenant de faire des erreurs et que cela fait partie intégrante du processus d’apprentissage d’une langue des signes. Dans le contexte de l’apprentissage des langues des signes, le personnel enseignant devrait toujours encourager les élèves à faire des essais, à vérifier leurs hypothèses sur la langue et à tirer parti des connaissances et des stratégies acquises dans d’autres matières.

Le cours de langue des signes québécoise décrit dans le présent document a été conçu pour l’ensemble de la province. C’est pourquoi on recommande au personnel enseignant d’intégrer divers aspects de l’environnement linguistique et culturel de la communauté sourde locale, et de recourir à différents moyens technologiques lorsqu’il planifie l’apprentissage. Le cours doit également comprendre l’enseignement explicite des structures et des concepts linguistiques, ainsi que la démonstration de compétences connexes. Pour gagner en efficacité et stimuler les élèves, le personnel enseignant peut également recourir à un large éventail d’activités qui s’harmonisent avec les attentes des différents domaines d’étude du programme.

Des renseignements supplémentaires concernant les stratégies d’enseignement et d’apprentissage sont aussi offerts à la rubrique Considérations concernant la planification du programme sous l’onglet Planification. 

Pour développer des compétences en littératie dans une langue, il est essentiel que l’élève acquière des compétences linguistiques en action. En saisissant les fréquentes occasions de signer avec ses camarades, l’élève développe son attention visuelle et son aptitude à s’exprimer et acquiert ainsi une idée générale de la langue et de sa structure. De plus, la discussion permet à l’élève de communiquer aux autres ce qu’elle ou il pense et ce qu’elle ou il a appris et donc de s’exprimer, de développer des relations saines avec ses camarades et de définir ses pensées par rapport à lui-même, aux autres et au monde.

En planifiant l’apprentissage en langue des signes québécoise, les trois formes de communication en signes à prendre en considération sont les suivantes :

  • La discussion informelle – moyen utilisé toute la journée à l’école lors de conversations et d’échanges pour poser des questions, raconter une expérience, exprimer une opinion, contribuer à un remue-méninge, résoudre un problème et donner un avis spontané ou informel.
  • La discussion – échange d’idées ciblé et approfondi pour orienter une enquête ou résoudre un problème; elle se traduit souvent par une nouvelle compréhension du sujet de la discussion. Dans une discussion, on peut réagir aux idées véhiculées dans une histoire ou échanger des points de vue sur des sujets d’actualité, des défis qui se présentent dans la salle de classe ou des enjeux de la communauté.
  • La discussion formelle – exposé ou présentation à un public (p. ex., un conte, un rapport, une histoire, une entrevue, un débat, une présentation multimédia signée).

La Stratégie ontarienne d’équité et d’éducation inclusive (2009) met l’accent sur le respect de la diversité et la promotion de l’éducation inclusive, ainsi que sur l’identification et l’élimination des problèmes de discrimination, des obstacles systémiques et des rapports de force qui nuisent à l’épanouissement et à l’apprentissage de l’élève, limitant ainsi sa contribution à la société. L’éducation antidiscriminatoire continue d’être une partie intégrante et importante de la stratégie. Le cours de langue des signes québécoise permet notamment d’aborder le concept d’audisme, une forme de condescendance à l’égard des membres de la communauté Sourde. Lutter contre l’audisme est un moyen de faire la promotion d’un environnement positif et sécuritaire qui encourage l’inclusion et le respect.

Dans le cours de langue des signes québécoise, l’enseignante ou l’enseignant fait découvrir à l’élève la perspective de la communauté Sourde qui a été façonnée par son histoire et ses expériences de groupe minoritaire dans une majorité entendante.

Dans le cours de langue des signes québécoise, la pratique de l’éducation inclusive passe par l’utilisation en classe de ressources d’apprentissage et de matériel reflétant le large éventail de champs d’intérêt, d’antécédents, de cultures et d’expériences des élèves, mais surtout en utilisant des ressources authentiques mettant en vedette des membres de la communauté Sourde. Le personnel enseignant devrait fréquemment utiliser du matériel reflétant la diversité de la communauté Sourde incluant la culture des diasporas présentes en Ontario, en particulier celles qui partagent l’usage de la LSQ. Le personnel enseignant devrait veiller à ce que les élèves aient accès aux ressources pertinentes des communautés Sourdes de l’Ontario français. En voyant une grande variété de vidéos en LSQ et en y réfléchissant, elles et ils développent une meilleure compréhension d’eux-mêmes, des autres et du monde qui les entoure. Si les élèves se reconnaissent dans divers documents visionnés en LSQ, elles et ils s’impliqueront davantage dans l’apprentissage, apprécieront la nature d’une société diverse et multiculturelle et la valoriseront.

Des renseignements supplémentaires concernant les droits de la personne, l’équité et l’éducation inclusive sont aussi offerts à la rubrique Considérations concernant la planification du programme sous l’onglet Planification.